"Être Député européen, c’est..." (Brigitte Fouré, Députée NC / PPE-DE), (1/3)


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Être Député européen, c’est d’abord faire la loi pour 492 millions d’Européens, mais c’est aussi beaucoup plus que cela... découvrez-vite cette interview vidéo exclusive de Brigitte Fouré, Députée européenne Nouveau Centre / PPE-DE depuis janvier 2008 et ancien Maire UDF d’Amiens (2002-2007).


Voici les 4 premières vidéos de l’interview que Brigitte Fouré nous a accordée il y a quelques jours. Vous pouvez également lire ci-dessous le texte de son intervention.

Retrouvez dans quelques jours la suite de cet entretien... mais également à l’avenir les interventions de nombreuses autres personnalités du monde politique, associatif, culturel ou économique !

- 1/ Qu’est-ce qu’être Député européen ?

- 2/ Qu’est-ce qu’une semaine type de Député européen ?

- 3/ Vous tenez une permanence à Amiens. Qui vient vous voir ? Que vous demande-t-on ?

- 4/ Un an après votre entrée au Parlement européen, quel est votre avis sur l’efficacité et l’utilité du travail parlementaire européen ?

Contenu de l’entretien

1/ Qu’est-ce qu’être Député européen ?

Être Député européen, d’abord, c’est faire la loi, non pas à l’échelle d’une nation, mais à l’échelle des 492 millions d’européens, des 27 États qui composent l’Union. Mais forcément être Député européen, c’est aussi être en contact avec les citoyens et essayer d’inventer des modes de fonctionnement qui fassent en sorte que les citoyens soient plus partie prenante des décisions qui sont prises à Bruxelles et à Strasbourg parce que, souvent, on dit que le Parlement européen, et l’Europe en général, sont loin alors même que l’Europe travaille sur la vie quotidienne. Mais les habitants de nos circonscriptions ont du mal à le voir. Actuellement, dans notre circonscription, nous sommes 12 Députés européens pour représenter 9 millions d’habitants. Dans la prochaine mandature, qui débutera en juin prochain, nous ne serons plus que 10. Il est donc difficile de créer ce lien et il faut donc inventer de nouveaux outils pour le créer.

2/ Qu’est-ce qu’une semaine type d’un Député européen ?

Une semaine par mois, c’est Strasbourg. On dit une semaine mais ça n’est pas tout à fait une semaine. En fait c’est du lundi après-midi au jeudi après-midi. Les autres semaines, les réunions ont lieu cette fois à Bruxelles. C’est alors deux ou trois jours à Bruxelles. Ça dépend des réunions qui s’y tiennent. On a les réunions des commissions de travail, les réunions du groupe politique PPE, on a les réunions de délégation française du groupe PPE. Toutes ces réunions là supposent des rencontres. Et puis une semaine de temps en temps, ça revient à peu près une semaine toutes les six semaines, on a une semaine dite « libre », une semaine en circonscription. On a alors aucune réunion, ni à Bruxelles ni à Strasbourg. Si on compare, un parlementaire français se trouve entre sa circonscription et Paris. Un parlementaire européen, il est entre sa circonscription, qui est beaucoup plus grande, Bruxelles, Strasbourg et Paris où il faut aussi qu’il aille parce qu’un certain nombre de réunions se tiennent à Paris. Donc on est probablement plus dans les transports que les parlementaires nationaux. Mais après tout, on est à l’heure d’internet donc on peut aussi travailler dans les trains et dans les transports en commun. Donc on peut s’organiser. Le challenge c’est vraiment d’arriver à travailler dans la circonscription. Parce que quand la circonscription est grande, c’est un peu compliqué d’avoir un vrai contact avec les personnes. On ne peut avoir ce contact que si on a des relais, si on a une institution, un organisme qui nous demande de venir. Ça se fait beaucoup par l’intermédiaire des lycées et collèges qui de plus en plus jouent le jeu de l’ouverture sur l’Europe et nous demandent de venir. Je trouve ça passionnant de passer le message européen, concrètement, de dire : « voilà ce que l’on fait, ça n’est pas du tout ce que vous imaginez ! ». Et après ça se traduit souvent d’ailleurs par des visites parce que lorsque l’on a rencontré des groupes de personnes comme cela, souvent ils ont envie de voir comment ça se passe vraiment à Bruxelles et à Strasbourg…

3/ Vous tenez une permanence à Amiens. Qui vient vous voir ? Que vous demande-t-on ?

Pas mal de choses. Comme j’ai une permanence ouverte à Amiens, Amiens c’est central par rapport à ma circonscription, mais Amiens est également ma terre d’origine donc c’est une double raison pour que j’y ai ma permanence. Forcément il y a des personnes qui viennent me voir en tant qu’ancien maire d’Amiens pour régler des problèmes d’emploi, de logements, ce que tout élu local ou national est amené à avoir comme contact avec les habitants. Ca c’est le contact d’un élu. Puis je suis contactée également par des personnes qui viennent me voir sur des questions très variées, pour savoir par exemple ce que fait l’Europe par rapport à l’existence des corridas, ou par rapport à la protection des animaux. Ce sont des demandes très précises. Ou parfois bien entendu c’est pour savoir ce que peut faire l’Europe pour aider à la réalisation d’un dossier, savoir quels fonds européens peuvent être mis en œuvre, comment s’y prendre. Ou pour savoir l’état de la législation européenne dans un domaine précis. Donc quand on vient me voir ce n’est pas forcément la Députée européenne que l’on vient voir, mais après tout c’est aussi cela le rôle d’un élu.

4/ Un an après votre entrée au Parlement européen, quel est votre avis sur l’efficacité et l’utilité du travail parlementaire européen ?

Ce qui me frappe beaucoup, c’est qu’il y a un énorme travail qui est réalisé, sur des sujets qui sont souvent techniques, qui demandent que les collaborateurs soient très efficaces, et ils le sont. Cela demande vraiment beaucoup de temps et cela n’apparait pas tellement. Oui le Parlement fait un vrai travail mais l’opinion publique ne le sait pas tellement, pour plusieurs séries de raisons. La première raison, quand le Parlement européen vote un texte, celui-ci ne va pas s’appliquer directement en droit interne, il va falloir passer par une loi de transposition. Le temps que celle-ci soit effectuée, il va s’écouler du temps, et donc ce ne sera pas très lisible. En plus de ça, quand cette loi sera votée, on oubliera de dire que c’est une loi de transposition, on dira que c’est une loi. En conséquence, les parlementaires nationaux paraitront avoir fait le travail, ce qui est en partie vrai, je ne critique pas du tout ! Il y a donc un manque de visibilité de ce point de vue là. Il y a une deuxième série de raisons qui tient à ce qu’on ne communique pas assez sur le Parlement européen. Je suis frappée de voir qu’à la télévision belge, on voit très régulièrement des reportages sur ce qui se passe au Parlement européen. En France, c’est rarissime ! Parce qu’il n’y a pas d’équipes de télévision française à Bruxelles ou à Strasbourg. Enfin il y en a mais fort peu. Et puis la troisième série de raisons, c’est que le Parlement européen, et l’Europe en général, n’a pas un discours politique alors que le rôle du politique c’est de dire ce qu’il fait ou ce qu’il va faire puis ensuite de le faire naturellement. Or, le Parlement européen fait des choses sans dire ce qu’il fait. Du coup, il lui manque l’expression globale pour expliquer et pour dire "si on s’intéresse au taux d’émission de CO2 qui sort des véhicules automobiles, ce n’est pas parce que ça nous tape de parler de ce sujet là, mais parce que c’est dans le cadre du développement durable, du respect de la planète…" Si on n’a pas un discours d’abord philosophique et politique pour expliquer et bien ce n’est pas très lisible. J’espère donc qu’on va enfin arriver à avoir ce discours politique, en tout cas, à mettre plus de politique dans l’Europe. Pas de politique politicienne mais de la politique au sens noble du terme, c’est à dire expliquer ce que l’on va faire, ce que l’on veut faire, et pourquoi on veut traiter ensemble les questions de développement durable ou d’agriculture, ou de régulation des marchés avec la crise et j’en passe. Il y bien des sujets mais il faut le dire, il faut l’expliquer afin que l’opinion publique soit consciente de ça.

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Le 26 mars 2009, par Adrien Sellez, Barbara Delbrouck


Adrien Sellez

Vice-président EGL.

Français.

Né le 4 septembre 1985.

Institut d’Études Politiques de Lille (2004-2009).

Université du Kent, Grande-Bretagne (2004-2008).

Collège d’Europe à Bruges, Belgique (2008-2009).

Barbara Delbrouck

Rédactrice associée EGL.

Belge.

Née le 9 février 1985.

Master en journalisme à l’IHECS, Bruxelles.

Membre des Euros du village.




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