"Entre Forza Italia et moi, il y a quelques petites nuances..." (Brigitte Fouré, Députée européenne NC / PPE-DE), (3/3)
Découvrez le troisième et dernier volet de notre entretien avec Brigitte Fouré, Députée européennes NC / PPE-DE. Celle-ci nous livre quelques impressions politiques et personnelles...
1/ EGL : Le groupe PPE-DE - au sein duquel vous siégez - compte un grand nombre de Députés européens. Reste-t-il malgré tout cohérent ?
2/ EGL : Vous êtes maître de conférences en droit privé à l’Université de Picardie Jules Verne, conseillère municipale à Amiens et Députée européenne. N’est-ce pas trop difficile de concilier ces trois activités ?
3/ EGL : Serez-vous candidate au renouvellement de votre mandat ?
1/ EGL : Le groupe PPE-DE - au sein duquel vous siégez - compte un grand nombre de Députés européens. Reste-t-il malgré tout cohérent ?
La réponse est dans la question... Le groupe PPE-DE est le premier groupe en nombre de parlementaires avec plus de 250 Députés européens donc inutile de vous dire qu’entre les conservateurs anglais et le Nouveau Centre français, il y a quelques nuances... entre Forza Italia et moi, il y a aussi quelques petites nuances. La force du PPE-DE est d’être le premier groupe au sein du Parlement européen. Bien sûr qu’il y a des courants à l’intérieur. En même temps, le message qu’il faut faire passer c’est qu’un parti politique au niveau européen ne fonctionne pas du tout comme un parti politique français. A l’Assemblée nationale ou au Sénat il y a une discipline de groupe. Quand le groupe a majoritairement décidé de voter d’une certaine façon, tout le groupe doit suivre. Si un vilain petit canard a décidé de voter autrement, ce serait vraiment très mal vu et probablement qu’il aurait à en tirer les conséquences. Ici au Parlement européen, ça n’est pas du tout la même chose. Si la délégation française du PPE-DE veut voter autre chose que le PPE-DE, il n’y a pas de problème. Si au sein de la délégation française moi je veux voter autrement que la délégation française, il n’y a pas de problème. Il faut simplement que l’on se le dise. C’est tout. Je peux vous dire qu’il y a eu un vote la semaine dernière - très chaud d’ailleurs - au sein de la commission Transport et Tourisme du Parlement européen, la majorité du PPE-DE avait une position, moi je n’avais pas la même. Je me suis exprimé dans un petit groupe de travail. Je me suis fait un peu bousculer. On a essayé de me faire changer d’avis. Et puis quand on a vu que c’était ma conscience qui me dictait un certain nombre de choses, on a discuté tranquillement et j’ai pu voter comme je le voulais vraiment le faire en conscience. Et ça ne pose aucun problème avec les autres membres du PPE-DE avec lesquels je reste en très bons termes néanmoins. Et par conséquent c’est difficile d’arriver ici avec les présupposés en venant du Parlement français. C’est infiniment confortable et responsabilisant de savoir que l’on peut voter en conscience et que ça ne va pas poser de problème. Il faut simplement le dire, c’est la règle du jeu. Mais si on le dit, tout le monde peut parfaitement comprendre qu’on a une position spécifique, soit pour des raisons personnelles, soit pour des raisons nationales.
2/ EGL : Vous êtes maître de conférences en droit privé à l’Université de Picardie Jules Verne, conseillère municipale à Amiens et Députée européenne. N’est-ce pas trop difficile de concilier ces trois activités ?
Là c’est un peu compliqué, c’est vrai, donc il faudra que je fasse des choix à un moment donné, c’est clair. Depuis un an et demi, il me semblait logique de rester prudente et de regarder comment ça allait se passer. Mais à l’avenir il faudra que je fasse des choix, notamment avec ma profession, probablement en me mettant en disponibilité. En revanche, un mandat local, pour moi, c’est important. Je sais très bien que parlementaire européen c’est un travail très prenant si on veut le faire correctement. Et en même temps, un enracinement local ça me semble très important pour garder ce contact avec le terrain. Sinon, si on n’a pas cet enracinement, on peut être mangé par le travail à Bruxelles et à Strasbourg, ne plus faire que ça, le faire bien bien entendu, mais en oubliant une partie de la tâche. On est toujours à faire le grand écart. Faire la loi c’est pour les Européens. Il faut qu’on ait le contact avec le terrain. Garder ce contact me permet d’interroger les personnes que je connais, les personnes du crû. Parce que, par exemple, avant de voter sur les pesticides, j’ai été en contact avec les organisations agricoles de ma région pour avoir leur avis. C’est intéressant, c’est utile. ça ne peut que nourrir ma réflexion. Voilà, ça me semble vraiment important.
3/ EGL : Serez-vous candidate au renouvellement de votre mandat ?
Je peux vous dire simplement que je suis candidate à la candidature. Comme vous le savez, les listes sont composées à la suite de négociations au sein des partis politiques. Je suis donc candidate à la candidature.
EGL : Merci beaucoup de nous avoir accordé cet entretien.
Source des images : Logo : http://www.epp-ed.eu/press/photogal...
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Adrien Sellez
Vice-président EGL.
Français.
Né le 4 septembre 1985.
Institut d’Études Politiques de Lille (2004-2009).
Université du Kent, Grande-Bretagne (2004-2008).
Collège d’Europe à Bruges, Belgique (2008-2009).
Barbara Delbrouck
Rédactrice associée EGL.
Belge.
Née le 9 février 1985.
Master en journalisme à l’IHECS, Bruxelles.
Membre des Euros du village.
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